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Voici quelques extraits d'un manuscrit que j'aimerais publier. Ledit manuscrit est rédigé en français et pourrait être publié dans d'autres langues. La table des matières a été fournie à la première page internet. Si vous appréciez cet écrit, vous pouvez encourager l'auteur en lui manifestant financièrement votre appui à l'adresse suivante:
Here are extracts of a manuscript that I would like to publish. The said manuscript is written in french and could be translated in other languages. Please refer to page internet one for the table of contents. If you appreciate this text, you could encourage the author in showing your financial support at the following address:
Aquí son presentados extractos de un manuscrito que quiero publicar. Por favor referirse a la página internet uno por el índice. Si usted aprecia este texto, un financiero apoyo será bienvenido.
Odilon Talbot, 861, rue Jean-Collet, Boucherville, Québec, J4B 3J1

IX- LA CARRIÈRE COMME TELLE
Jacques oeuvrât essentiellement dans des entreprises d`envergure où la langue du travail et des communications était l`anglais. Ils adoraient se familiariser avec les organigrammes, le personnel, les méthodes et les philosophies de gestion, les projets de développement, les procédés techniques, ... de ces entreprises en favorisant les nouvelles technologies, les procédés administratifs les plus récents et représentant le meilleur potentiel.
Son adhésion à la culture de ces entreprises fut partielle; il se refusa à être assimilé aux plans linguistique et ethnique. Il pouvait supporter ces environnements durant trois ou quatre ans après quoi son insatisfaction devenait apparente. Un facteur important qui influença la prise de plusieurs décisions relatives à la carrière chez les Laberge fut le système de double emploi de Suzie et de Jacques. Par exemple, solliciter pour un emploi chez Bombardier près de Québec, Jacques dut considérer le fait que Suzie occupait un emploi stable et qu`elle pouvait difficilement le laisser et suivre Jacques pour un emploi toujours incertain dans le secteur privé comme ils l`avaient appris à leurs dépends.
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1- Le travail
Une composante importante de la carrière de Jacques pouvait être présentée de la façon suivante: A travailler souvent dans le domaine de la gestion, fonction conseil (staff), au lieu d`occuper un poste d`autorité (line), Jacques était très vulnérable. En période de ralentissement des affaires, ces fonctions étaient les premières à être éliminées. En principe, ses fonctions auraient dû être maintenues afin de solliciter et de faciliter l`ajout, l`obtention de d`autres projets et produits. Deux des multinationales pour lesquelles il travailla virent réduire leurs effectifs de moitié caractérisant l`entreprise privée. De plus, de part la nature de son travail, souvent affecté à des projets d`envergure, il se voyait sans occupation lorsque le projet ou les projets étaient réalisés. Fréquemment, dans le génie-conseil, par exemple, tout un secteur d`activités dépendait d`un projet d`envergure tel la participation à l`ingénierie d`usine d`eau lourde. Dans les grandes industries, la production d`une division entière était tributaire parfois de la popularité d`un produit, de la satisfaction des besoins d`un client important autrement il fallait rationaliser les opérations et souvent des emplois étaient éliminés dont celui de Jacques. Certains confrères pataugeaient et d`autres nageaient avec plus ou moins de facilité dans notre système de libre entreprise, système cependant préférable à bien d`autres et quand même perfectible.
Suite à la réception d`une offre d`emploi par télégramme, il accepta un emploi dans une avionnerie, milieu de travail anglophone. Son emploi lui plut beaucoup; un comité, une équipe de travail révisant les systèmes d`information de la compagnie et son patron, un psychologue industriel de profession, assistant du président était dynamique et communicatif. Ce patron se souciait de son niveau salarial car un salaire trop élevé aurait pu rendre la recherche d`un autre poste difficile même à l`intérieur de l`entreprise particulièrement en début de carrière.
En milieu anglophone, Jacques s`appliqua et maîtrisa la langue de Shakespeare parlée et écrite toutefois il n`était pas particulièrement intéressé à perdre son accent français. Sa sensibilité linguistique (francophobe) et nationaliste lui nuit considérablement car il adhérait peu aux valeurs de l`entreprise sauf sur les plans administratif et technique. Avec un certain recul, cette situation lui apparut clairement comme telle et il se demanda si le contexte de travail évoluerait au cours des prochaines années chez cet important employeur. La bataille linguistique se livrait sur un premier front, ici, et si elle était perdue à Montréal, elle le serait subséquemment et rapidement dans l`ensemble du Québec. Cette bataille ne pourrait être gagnée sans l`engagement massif de la population québécoise car les francophones, on le savait, étaient nettement minoritaires sur le continent américain, écrivait-il, dans de nombreux écrits acheminés aux journaux de l`époque.
Dans cette multinationale anglophone, un employé, dont Jacques se souvenait, était un vieux superviseur dans la soixantaine très paternaliste et expérimenté. Il s`intéressait aux mines en tant qu`investissements personnels à risques et chaque jour, il vérifiait les cotes souvent hors liste à la bourse. Jacques prépara l`enregistrement d`un cours pour superviseur avec lui.
En une autre occasion, un superviseur bilingue fut tellement impressionné de signer la page frontispice d`une procédure qu`il dit à Jacques qu`il en éjaculait. Jacques et lui avaient travaillé quelques semaines à la rédaction et à la révision du document. Lors d`une rencontre déjà décrite dans quelques écrits, il avait discuté en présence de ce superviseur avec un directeur responsable de trois mille employés, un américain au Québec depuis neuf mois. Ce directeur s`adressa à Jacques en français et ce superviseur s`enquit de la raison de ce geste et il lui répondit simplement que ce n`était pas pour lui qu`il parlait français. Jacques avait déjà rédigé certaines procédures en français pour ce directeur.
Une seconde entreprise montréalaise de fabrication d`équipements électroniques accueillit, en son sein anglophone, notre Jacques, probablement référé par son dernier employeur. Dans cette entreprise de calibre international, il y restera peu longtemps et la quitta avec au moins deux autres professionnels qui décriaient l`anglais comme langue de travail dans les médias à l`encontre de leurs intérêts professionnels à l`égard d`une telle entreprise de haute technologie. Un haut dirigeant anglophone, qui avait appris le français, eut l`amabilité de le saluer à son départ.
Que d`énergies dépensées improductivement d`un point de vue nationaliste québécois francophone, pensait Jacques! Que de forces vives neutralisées ou pour le moins mal orientées! Que de carrières flétries dès la levée du jour, l`aube de la vie professionnelle! Quelques éléments francophones réussirent à s`intégrer à ces milieux de travail, soit qu`ils s`intéressaient peu aux questions sociales, soit qu`ils originaient d`un milieu culturel bilingue, soit qu`ils accordaient prépondérance à leur emploi immédiat, à leur carrière. Plusieurs de ces personnes occuperaient plus tard des postes de commande aux plus hauts échelons hiérarchiques et espérons, pensait-il, qu`ils s`intéresseront un peu au devenir du Québec même s`ils auront été récompensés de leur adhésion à la culture de ces entreprises.
Quatre ans de travail en français dans une importante commission scolaire fut appréciés cependant les effectifs furent réduits et la priorité fut accordée aux plus anciens employés. Il fut nommé délégué en matière d`équipement de la commission scolaire au Conseil scolaire de l`Ile de Montréal. Beaucoup de cadres d`organismes publics et privés étaient recrutés à partir des membres exécutifs des syndicats, des associations de professionnels et de cadres. Ces derniers en venaient à être au fait de la planification stratégique de l`entreprise pour y être, par la suite, intégrés. A ce moment, il connut un copain qui devint un cadre supérieur dans la fonction publique de la métropole ainsi que quelques autres connaissances.
Il joignit un entrepreneur important occupé à un projet d`infrastructures sportives majeures. Même si ce travail, de part sa nature, fut de courte durée, il assuma rapidement de lourdes responsabilités de gestion de personnel et technique. Une analyse de l`état d`avancement des travaux lui fit conclure à l`impossibilité de réaliser au complet le mât olympique avant la tenue des jeux.
Jacques fut heureux de rencontrer un québécois d`origine égyptienne qui lui facilita la tâche de la publication d`un article dans un périodique à caractère professionnel. Par contre, Jacques le seconda dans la rédaction de sa thèse de doctorat en administration scolaire, à titre de consultant, il prit en partie la relève de son directeur de thèse. Le sujet de cette thèse reposait sur les principes de gestion de projets que Jacques avaient approfondis à partir de la documentation des logiciels d`IBM, de Control Data, de PSDI, ... et d`autres sources. Il assista à une soirée organisée par des ressortissants du Moyen-Orient qui fêtaient leur compatriote en présence des représentants politiques et religieux du Québec et des dirigeants de leur communauté.
Jacques envisagea de partir en affaires avec deux autres ingénieurs cependant ils réalisèrent rapidement qu`il était plus sécuritaire d`oeuvrer dans une grande entreprise. Ils avaient déjà décrochés un contrat de gestion de projet et ils eurent le temps de connaître brièvement la vie d`affaires à trois sociétaires où généralement des affinités se développent entre deux partenaires en particulier. Un de ceux-là avait vu son père privé de son fonds de retraite ayant été mise à pied avant de pouvoir en bénéficier ce qui le motivait à accepter un poste dans la fonction parapublic. Un jour, un ami, Normand Thivierge, l`invita à postuler avec lui un poste dans une entreprise de services. Jacques suggéra que l`on invita un autre confrère de travail, Clément Claveau, à poser sa candidature, lui aussi. On demanda à Jacques lors de l`entrevue s`il accepterait de travailler pour Normand et il répondit négativement même s`il respectait énormément l`intelligence et l`intégrité de son confrère. Jacques disposait d`une formation supérieure au niveau du deuxième cycle universitaire et il n`avait pas clairement réalisé que cet exercice de recrutement visait surtout à procurer de l`avancement à Normand au sein de l`organisme où il disposait d`appuis. Ainsi, son confrère, Clément fut choisi et entra dans la boite, la compagnie. Jacques réalisa une fois de plus que souvent ce n`est pas tant ce que tu connais qui est important mais qui tu connais.
Un choix professionnel fut effectué entre un organisme parapublic francophone et une entreprise privée sensément bilingue offrant un salaire supérieur, il opta pour cette dernière, ayant oeuvré précédemment dans une organisation parapublic sans y avoir obtenu de promotion mais quand même une augmentation salariale acceptable. Ce ne fut probablement pas la meilleure décision de sa carrière! Qui sais? A ce bureau-conseil, des travaux étaient réalisés au Québec et en français, seulement, si le client l`exigeait. A ce moment, Jacques fit connaissance avec l`Office de la langue française. il se plaignit de la piètre qualité d`un document interne, entre autres. A l`emploi de ce bureau-conseil, il rencontra un ingénieur originaire de Baie-Comeau qui avait poursuivi ses études de génie en Nouvelle-Ecosse et qui lui parla de M B. Mulroney en termes plutôt élogieux. Avec un certain recul, Jacques réalisa qu`il avait reçu des appuis insoupçonnés alors qu`il recherchait un nouveau défi.
Un de ces voisins lui avait généreusement organisé une entrevue dans une entreprise parapublic pour le poste de directeur et il avait été accepté. Malheureusement, crut-il, il aurait dû retourner au secteur parapublic où les salaires augmentèrent rapidement, profitant de cette merveilleuse occasion offerte grâce à la digilence, au sens pratique, à la sympathie et à l`efficacité de ce cadre. Peut-être que subconciemment Jacques considérait comme trop facile cette opportunité car il avait dû travailler fort constamment.
Jacques s`était vu offrir un poste à San Francisco par un groupe-conseil américain de réputation internationale. Il s'avait qu`il s`agissait quand même d`une entreprise familiale ce qui l`avait surpris pour une entreprise de cette nature, gestion de projets qui était depuis très longtemps active au Québec. Jacques ne voulait pas s`éloigner de sa famille et il refusa. Les fluctuations de personnels étaient fréquentes dans ces bureaux, elles étaient hautement tributaires des marchés obtenus.
Il en fut ainsi à un bureau-conseil interne d`une aluminerie, un des fleurons de l`industrie québécoise. Heureusement, la décentralisation des activités avait accéléré la francisation, l`usage du français comme langue de travail ainsi que les législations québécoises en la matière. Ici, encore, un certain nombre de ceux qui s`identifiaient à la culture anglophone et parfois bilingue, furent récompensés et promus afin de perpétuer ce système le plus longtemps possible.
Dix ans plus tard, il ne fut pas surpris d`apprendre qu`au cours des dix dernières années un sondage confirmait ses appréhensions, de faibles progrès accomplis en matière de francisation; un pour-cent en dix ans. Les programmes étaient appliqués avec tant de laxisme que s`en était dérisoire.
Il refit connaissance avec un copain anglophone, typiquement "scotchish", qu`il avait rencontré chez son premier employeur. Ce copain, fort socialement, lui facilita son intégration. Jacques appréciait beaucoup son humour, son franc parler, ses appuis indirects efficaces, sa chaude camaraderie et il se sentait relativement en confiance.
Une courte alte à son travail lui fut imposée après que quelques malaises l`eurent conduit à une opération afin d`extraire quelques pierres au rein gauche. Subséquemment, il fut informer des progrès médicaux pour ne pas dire technologiques en cette matière; les pierres pouvaient être pulvérisées par des ondes de chocs et éliminées par voies naturelles. Son spécialiste, néphrologue, lui avoua après quelques années qu`il pouvait sentir la pierre dans son rein alors qu`antérieurement il plaisantait lorsque Jacques faisait quelques allusions à ce sujet. De plus, le spécialiste mentionna que ces problèmes de santé originaient d`une "trop bonne alimentation". Un des buts du suivi annuel consistait à motiver Jacques à boire de l`eau en bonne quantité et à réduire sa consommation d`aliments à forte teneur de calcium.
Une des trompes d`Eustache de l`oreille de Jacques s`était fermée temporairement et un orthorhinologiste lui perfora le tympan sans l`avertir formellement même si Jacques avait signé une autorisation pour un traitement. Le spécialiste lui sourit ironiquement sinon sarcastiquement lorsque Jacques lui demanda si son tympan avait été perforé. Jacques dut changer de spécialiste même si ce premier spécialiste âgé consulté pouvait être compétent. Craignant l`infection, il se débloquait la trompe d`Eustache chaque jour en soufflant de l`air afin de ventiler l`arrière du tympan. Il ne considérait pas ces situations médicalement problématiques car elles ne représentaient en aucun cas un handicap à ses activités personnelles et professionnelles. Afin de rassurer un ancien employeur, un spécialiste, un orthorhinologiste avait aimablement écrit que Jacques ne deviendrait jamais sourd.
Au plan professionnel, Jacques ne pensait pas à ce moment à l`enseignement universitaire cependant une université lui suggéra de préparer un cours de français scientifique et technique. Ce qu`il fit quelques semestres durant et il enseigna aussi l`administration de projets, sa spécialité. Il apprit également en préparant surtout ces cours de français comme le veut l`adage à savoir que l`on apprend aussi en enseignant. En raison de la pauvre qualité du français des étudiants en sciences, surtout de certains nouveaux arrivants et moins ceux en français comme tel, Jacques dû présenter un rappel des rudiments de la langue.
A titre de consultant, il travailla aussi aux études des projets de la Baie James, phase II, afin de définir le contenu des marchés ou contrats à être éventuellement octroyés.
Il commença quelques cours prérequis à son admission au doctorat conjoint en administration après avoir enseigné à cette université et il eut plus tard à choisir entre ses cours et un poste dans sa spécialité; il choisit le travail. Il conserva l`impression qu`il aurait pu être accepté à ce moment et on lui avait proposé quelques charges de cours ce qui lui aurait procuré un revenu d`appoint. Cependant, lors de sa rencontre avec le directeur du programme du doctorat, celui-ci avait souligner avec emphase ses antécédents au sein du Parti Libéral du Québec contrairement à ceux de Jacques au Parti Québécois.
Une autre fois, il retourna pratiquer ses professions d`ingénieur et d`administrateur, dans le secteur privé anglophone et de plus dans le domaine des télécommunications où des fonctions de gestion de projets l`attendaient à nouveau ainsi qu`une rénumération raisonnable. Il avait été interviewé à quelques reprises individuellement par son patron immédiat et son directeur. Son grand patron était de race noire et il le seconda courageusement jusqu`à sa mutation et éventuellement son départ de la compagnie.
Là, encore, il y demeura quatre ans et bénéficia d`une progression salariale toutefois il ne fut jamais promu. Il sortit fatigué de ses routines hebdo maires (fait exceptionnel) de mises à jour des échéanciers et des prévisions budgétaires de projets; il avait mal au cou et au dos suite à de nombreuses heures de travail à son ordinateur et ce n`est que quelques mois plus tard et à l`aide de la technique Nadeau qu`il se départit de ces malaises.
Quelques années après, il apprit par les journaux le décès du maître d`oeuvre, l`âme de ce groupe de télécommunications dont les membres appartenaient presque tous à la même promotion d`une université anglophone et ils n`auraient pu que très difficilement travailler en français même s`ils l`auraient voulu, souhaité. Jacques était accepté dans cette équipe comme potentiel successeur d`un gérant qui tardait à prendre sa retraite, dans trois ans, disait-on, à celui-ci et en autant qu`il veule bien jouer ce rôle spécifique. Antérieurement à Jacques, plusieurs personnes avaient déjà agi comme adjoint à ce gérant avant de laisser l`entreprise, c`est pourquoi Jacques ne s`était pas fait d`illusions.
Ce patron fut surpris et il ironisa du fait que Jacques admit humblement qu`il avait appris au cours de ces quatre années au service de cet employeur notamment au sujet de l`organisation, des produits, etc. Il aurait davantage appris possiblement s`il avait été promu à un poste plus important. Toutefois, Jacques avait bénéficié d`appuis importants et efficaces à certains égards durant son séjour chez cet employeur. Lorsque confortablement, douillettement installé dans une entreprise, un poste, on était peu motivé à aider quelqu`un d`autre et il était aussi vrai de dire qu`il n`était pas facile de le faire à certains niveaux hiérarchiques dans l`organisation. Jacques se souvenait de quelqu`un qui l`appelait périodiquement au sujet d`un emploi. Il semblait avoir un profil de carrière susceptible de se qualifier pour un poste semblable à celui de Jacques. En l`absence de promotion assurée, Jacques ne pouvait prendre le risque de seconder cet individu auprès de son employeur. Il en était de même d`un bureau-conseil anxieux d`offrir leurs services et de suggérer l`usage de leur logiciel modifié, adapté localement. Jacques avait adopté un autre logiciel.
A cette époque, un copain lui disait que les deux frères Johnson s`étaient rendus chez son employeur. Un avec un petit marché, semblait-il, à titre de ministre dans le gouvernement et l`autre à titre de Chef de l`opposition. Quelle équipe politique! L`entreprise se devait de maintenir des liens avec les divers milieux dont les milieux politiques! Un militant péquiste était surpris que les vice-présidents se permettent de tels commerces. Jacques voyait d`un bon oeil de tels liens d`affaires et d`un mauvais oeil, si ces échanges se concluaient par des contributions significatives et multiples aux politiciens et aux parties politiques indirectement de la part de corporations. Jacques préférait les ingérences politiques québécoises à celles fédérales. De plus, un gestionnaire appuyé par ces deux politiciens était potentiellement favorisé.
Afin d`obtenir un poste donné, il fallait presque assumer officieusement ces tâches avec une certaine connivence des supérieurs avant d`être officiellement confirmé dans un poste. D`une façon tacite, les supérieurs et l`entourage évaluaient la situation, les réactions et si personne s`objectaient vertement, le prétendant était nommé au dit poste. Si vous acceptiez que les anglophones même bilingues continuaient, poursuivaient leurs carrières en anglais, ils vous favorisaient comme prétendant au poste contemplé, ils vous incitaient même à procéder s`étant assurer que leurs méthodes, leurs approches ne seraient pas modifiées, surtout, s`il s`agissait de méthodes manuelles utilisées par quelqu`un à quelques années de sa retraite. Si vous étiez chanceux, vous pouviez être seconder par un copain, une connaissance partageant des méthodes, des approches, des principes similaires. Votre promotion, par exemple, ne devait pas prêter ombrage à sa propre image personnelle et sociale. Au contraire, elle devait être perçue par ce supporteur comme une potentielle amélioration à son environnement immédiat et susceptible de lui bénéficier à court ou à long terme.
En attendant de poursuivre ses études en administration, Jacques compléta ses études élémentaires en espagnol au Pavillon Groulx de l`Université de Montréal. Il s`agissait d`un cours intensif en études hispaniques et il obtint une note supérieure à la moyenne de sa classe composée surtout de jeunes étudiantes et animée par une professeure originaire d`Uruguay.
Cinq ans après avoir abandonner les cours prérequis à son inscription au doctorat, il reprit ces études et il devait compléter les deux cours prérequis à son admission au programme conjoint montréalais (quatre universités) de doctorat avec une moyenne de B. Un de ses travaux concernait le traité de libre-échange qu`il traita honnêtement en évaluant les avantages et les inconvénients en une période de polarisation. Toutefois, il fut déçu par l`administration des examens; entre autres anomalies presque tous les étudiants sortirent de la salle d`examen sans surveillance durant un examen théorique en l`absence du droit aux notes. Il s`en plaignit au professeur et au ministre québécois concerné après qu`il eut été refusé au doctorat pour raison de contingentement. L`adjoint au directeur du département avait prévenu Jacques qu`il devrait être suivi étroitement. Il pensait que s`il avait été accepté au doctorat, il aurait peut-être pu changé cet état de chose alors qu`étant refusé, il se devait moralement de signaler ou souligner cette situation à qui de droit. Face à de telles méthodes, il se voyait mal poursuivre ses études dans un milieu où la loi de la majorité, de la meute, prévalait sur de sains procédés auxquels il avait toujours été soumis dans la poursuite de ses études tant collégiales qu`universitaires ainsi de dans sa propre administration d`examens à l`université, cette même université!
Un professeur lui fit remarquer que la formation à ce niveau correspondait à la programmation de l`individu et il ne croyait pas que Jacques en souffrirait réellement. Il comprit qu`en l`absence de programmation conventionnelle à forte saveur fédéraliste de troisième cycle, il arriverait quand même à des solutions, des réponses originales et, souvent, judicieuses constituant, peut-être d`importantes contributions dans son milieu. Il s`agissait d`une programmation, entre autres, aux valeurs fédéralistes conventionnelles qui encourage la propagation, la perpétuation du système actuel et qui nuit, empêche le renouvellement, le ressourcement et la créativité authentiques.
De plus, ce professeur disait que les journalistes financiers et de d`autres sphères d`activités des grands journaux et périodiques étaient généralement d`anciens décrocheurs de Polytechnique, des Sciences Sociales, des Hautes Etudes Commerciales, ... et qu`ils effectuaient un travail terriblement pauvre en ces matières. Jacques réalisait que le travail de journaliste était exigeant et qu`ils devaient subir de nombreuses contraintes les empêchant de présenter leurs vues intégrales des événements devant composer avec les intérêts des propriétaires de journaux et des dirigeants politiques et économiques.
Il observa qu`un cadre supérieur d`entreprise, docteur en administration, même bien "programmé", eut des déboires comme gestionnaire et il fut récupérer par le fédéral en raison de ses contacts et de sa diplômation.
Jacques avait soumis sa candidature à titre d`ingénieur dans la fonction publique. On l`inscrivit à un concours pour un poste dans la région de Québec comme telle et à un salaire nettement inférieur à celui de son dernier emploi. Il lui aurait fallu défrayer les coûts d`une troisième résidence, être éloigné de sa famille la semaine durant, démissionner de son poste d`administrateur à l`Ordre des ingénieurs du Québec, épauler de loin son grand garçon qui nécessitait, semble-t-il, encore ses deux parents, ... Pour toutes ces raisons, il recula au stade de l`examen d`élimination basé sur les capacités d`analyse, de synthèse, de notions générales pertinentes à la gestion de projet et à la rédaction de documents. Etant peu intéressé au poste, Jacques ne voyait pas l`intérêt d`essuyer possiblement un échec inutilement. Les aspects positifs de ce poste étaient quand même pas négligeables; emploi sécuritaire, secteur d`activités connues, ... S`agit-il d`une bonne décision? Jacques avait déjà regretté de ne pas avoir accepté un emploi dans la fonction parapublic! Avec un tel salaire, Suzie n`aurait pu prendre une année sabbatique car ce salaire ne permettait pas de maintenir le même niveau de vie familial.
Joindre la fonction publique correspondait pour Jacques à se bâillonner, à ne plus publier ses opinions, à ne pas publier son essai. En définitive, notre société était très peu libérale, pensait Jacques. Un employé d`une société d`état ayant révélé publiquement des renseignements privilégiés en savait quelque chose, en avait fait l`expérience à ses frais! C`est ainsi que le nouveau président de la Caisse de placement et de dépôt du Québec soulignait que son prédécesseur à titre de retraité se permettait de s`affirmer souverainiste et quant à lui il était trop jeune, trop actif professionnellement pour se prononcer. Il voulait profiter au maximum du système actuel!
Un de ses supporteurs ou alliés politiques sans emploi depuis quelques mois l`avait encouragé à accepter ce poste à Québec afin de poursuivre sa carrière ou d`effectuer un nouveau départ. Ce geste signifiait pour Jacques la fin ou la modification de liens amicaux, politiques et d`affaires. Jacques ne possédant pas les mêmes valeurs, les mêmes intérêts que son copain ou à des degrés différents n`avait pu s`associer à sa démarche politique ce qui avait, à plusieurs points de vue, freiné sa carrière et grever ses revenus durant plusieurs années tandis qu`il avait quand même tiré avantages de certaines expériences. Ses exigences en matières politiques l`avait conduit à refuser une participation active au sein de son parti politique jugeant le prix des compromissions trop lourd. Son copain s`évertuait par tous les moyens à lui prouver qu`il avait tort tant au plan personnel, carrière qu`au plan politique car il s`agissait du moindre mal, la meilleure des deux options.
Pourtant, la politique était quelques fois définie comme l`art du possible et Jacques comprenait les positions de plusieurs militants qui se satisfaisaient de mesures souverainistes à divers degrés et comblaient de ce fait certains de leurs besoins dont celui d`obéir à un leader fort pour dire le moins. Un grand leader! Oui, mais suffisamment grand pour se tenir debout! Son refus de s`engager politiquement, à ce moment, le conduirait probablement, comme à l`accoutumée, dans un milieu de travail où les préoccupations indépendantistes seraient encore plus lointaines, la grande entreprise. Ainsi, Jacques se doutait qu`il retournerait travailler en milieu anglophone ou pour le moins bilingue car trop de dirigeants étaient à genoux devant les anglophones, les fédéralistes et parmi eux on retrouvait beaucoup de politiciens, nos décideurs nationaux, nos élites! Quelle victoire! Quel soulagement! Les éléments, les plus indépendantistes étaient ainsi neutralisés, bâillonnés et les tractations fédéro-souverainistes se poursuivaient au plus grand plaisir de nos dirigeants.
Jacques se tenait au courant des actualités dans divers domaines. Il recevait régulièrement des publications de nature générale: La presse, La Relève, La Seigneurie, El Correo, le Sommet, ..., de nature nationaliste: L`Action Nationale, L`Autr`journal, ..., de nature professionnelle: Le Plan, Le Plan régional, L`Ingénieur, Engineering Digest, la revue des diplômés de l`Université de Montréal, la revue "Birmingham Magazine", Direction informatique, Action informatique, ..., à caractère religieux: Le Colombien, Columbia, Le Fureteur, ...
A un moment ou à un autre, Jacques avait communiqué par écrit avec Messieurs Fernand Daoust, Jacques Hébert, Jean-Paul Desbiens, Alain Stanké, Louis Dumais, Robert Jim Stanley, Marcel De Cotret, Guy Joron, Felipe Nunez, ... surtout pour exprimer des points de vue relatifs aux milieux de travail ainsi qu`à la société québécoise dans son ensemble et à titre de correspondance personnelle.
Sur la Rive-Sud à Saint-Bruno de Montarville plus précisément, il semblait que plus de dirigeants originaient de cette ville que de partout ailleurs en Montérégie compte tenu de sa population, un milieu très propice à l`éclosion de prospères carrières, une pépinière des plus fertiles, un milieu décisionnel, l`Outremont sinon le Westmount de la Montérégie suivi de près par Saint-Lambert, croyait Jacques. Peut-être que l`association des propriétaires constituait un outil de concertation efficace dont Jacques ne connaissait pas l`existence dans sa municipalité.
Les emplois disponibles en banlieue étaient souvent d`importance moyenne et avaient peu convenus à Jacques. A Varennes, le noyau de dirigeants municipaux et peut-être des associations d`affaires semblaient peu efficaces dans l`entraide professionnelle relativement à une municipalité comme celle de St-Bruno. Les professionnels ne semblaient pas bénéficier de réseaux officiels ou/et officieux, peut-être, en raison du faible nombre de professionnels occupant des postes d`importance.
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2- Les considérations afférentes
Plusieurs québécois venus à Montréal de d`autres régions du Québec, souvent, se sentaient moins bien accepté que les immigrants de d`autres pays et même après des dizaines années à Montréal et fréquemment suite à une formation montréalaise. A titre d`exemple, Jacques avait vécu vingt ans dans le Bas-du-Fleuve, vingt-neuf ans à Montréal et un an en Europe entrecouper de brefs séjours à l`étranger. Des amis immigrants l`avaient souvent intégrés à leurs réseaux relativement bien organisés et efficaces.
Jacques avait observé qu`en périodes difficiles, il se tournait vers ses proches, ses semblables afin de reprendre son souffle, d`apporter sa contribution aux associations locales et professionnelles avant de poursuivre ses activités en d`autres milieux et de diversifier ses expériences tant professionnelles que personnelles. Si vous étiez un militant peu ou pas actif de l`indépendance et de la souveraineté, disposant peu de temps pour se faire car vous occupiez un poste accaparant et étiez suffisamment flexible, il était préférable dans une optique fédéraliste que nous jouiez ce rôle plutôt que d`être actif dans un parti politique et éventuellement à l`Assemblée Nationale.
Cependant, il fallait que le cadre se limite à la dimension plutôt personnelle de ses convictions et son développement était favorisé par un milieu de travail majoritairement francophone comme devrait l`être le monde du travail québécois. Ainsi, ces quelques cadres favorisés par le sort se développaient, se réalisaient harmonieusement. Jacques espérait que l`indépendance favoriserait un plus grand nombre de ces succès personnels. Pour ces cadres, il s`agissait déjà d`un apport minimal intéressant toutefois on était loin d`une implication sociétale entière.
Une connaissance, un professionnel avait rencontré M. René Lévesque relativement à ses projets de carrière et il avait conclu que ses chances d`avancement seraient très faibles et il s`était orienté du coté fédéraliste où il devint président d`un groupe pan-canadien.
Son épouse l`incitait à identifier les raisons justifiant quelques changements d`emploi ou l`absence de promotions même si sa progression salariale avait été satisfaisante. Le plus objectivement possible, il considérait les raisons suivantes: faible ou peu d`adhérence à la culture de l`entreprise (langue de travail, politiques d`investissement, par exemple, hors Québec, politiques d`achat non préférentielles au Québec, politiques de recrutement, de promotion, ...), faible enracinement montréalais, origines modestes, principes moraux et éthique professionnelle, appui à la francisation, ... Notons, ici, qu`une des motivations à la poursuite de ses études fut la conviction que ses propos seraient plus crédibles s`il bénéficiait d`une formation universitaire.
A ce moment là, dans un de ses nombreux articles, il soulignait le sort fait par la société québécoise; perte d`emplois, anonymat, ... à un des premiers indépendantistes avoués: Marcel Chaput alors que les leaders, les dirigeants voyant à leurs intérêts personnels et favorisant les politiques fédérales étaient allègrement promus, souvent, à partir des officines gouvernementales.
Il se demandait quel était le prix de ses convictions en pertes salariales significatives détrimentales à sa famille dans son ensemble? Quelques fois Jacques vivait dans un climat de suspicion engendré par son inactivité professionnelle temporaire et l`inquisition de Suzie en personne intelligente et dynamique répondant aux stimulus sociaux et à sa soif de connaissances, de savoir pourquoi il en était ainsi. Ce climat plaçait Jacques dans une position défensive et d`insécurité accrue ce qui contrastait avec le climat serein et positif sinon de confiance souhaitable à l`affirmation personnelle et professionnelle surtout au cours d`entrevues. En ces périodes de déboires professionnels ou d`affaires, il fallait comprendre que les effusions et l`effervescence amoureuses pouvaient être altérées chez les Laberge. Suzie faisait preuve énormément de sérieux et de maturité compte tenu de ces circonstances adverses. Ils essayaient de défendre, maintenir les acquis familiaux afin de ne pas ajouter à la problématique du moment.
Cela représentait tout un défi! Jacques avait souvent demandé à Suzie d`éviter d`intervenir dans sa vie professionnelle car il était très difficile d`aider quelqu`un, même un conjoint. Ils évoluaient dans des milieux bien différents. Une épouse, un ami pouvait nuire plus qu`aider en s`impliquant directement. Il s`agissait probablement d`un opération valorisante et, souvent, nuisible sinon responsable de délais inutiles. Le temps de réaliser que la nature des débats, plusieurs semaines, mois étaient écoulés sans contributions significatives.
Dans sa famille, on était pas ou n`avait pas dû intervenir dans ses affaires, on l`écoutait, l`encourageait, lui présentait des suggestions, dans un climat constructif réalisant que la vie représente un défi pour chacun d`entre nous. Et que, la perception de son avenir et les modalités de son épanouissement, lui appartenaient. Jacques laissait le plus de latitude possible à Suzie afin de lui permettre de réagir aux situations quelques fois désagréables, de vivre ses émotions naturellement, d`exprimer son désarroi et son agressivité souvent justifiés par les variances constatées entre les objectifs et la réalité. Il lui semblait préférable "de laisser le roseau fléchir plutôt que de le maintenir rigide de crainte qu`il se casse".
Lors d`une entrevue, il devait réaliser et souligner que sa principale réussite professionnelle et personnelle consistait, entre autres, à avoir maîtriser la gestion de projets réalisée manuellement et à l`aide de logiciels simples et, surtout, sophistiqués que moins de dix professionnels de calibre international pouvait efficacement utilisés. Jacques en poursuivant jeune ses études complémentaires en administration avait acquis tout au cours de ces expériences de travail non seulement une connaissance spécialisée de fonctions données mais aussi une connaissance générale de la gestion, culture des entreprises privées et des organismes parapublics. Au cours de la même entrevue, le futur patron lui posa quelques questions quant à sa propension à livrer par écrit ses remarques et ses observations relativement à son milieu de travail, culturel, politique, ... ainsi que le nombre d`heures allouées au service de sa profession en tant qu`administrateur élu. Heureusement que Jacques se limitait généralement à être actif dans une seule organisation à la fois malgré le fait qu`il était constamment sollicité.
En discutant avec un confrère ingénieur qui piétinait professionnellement pour diverses raisons, Jacques, perçu qu`il avait atteint le palier supérieur à titre d`ingénieur dans une entreprise multinationale dans le domaine de la haute technologie. Jacques écoutait longuement ce confère et il essayait de le conseiller et de l`encourager à se reprendre en mains. Il croyait qu`en aidant les autres, il s`aidait lui-même en augmentant ses connaissances et en se familiarisant avec leurs organisations et leurs problèmes. Ainsi, il accroissait son champ d`influence!
Après avoir reconnu visuellement et été reconnu par un cadre d`une grande municipalité lors d`une réception, Jacques fut surpris que celui-ci se rappelait son nom. Jacques lui présenta un confrère qui avait oeuvré au même projet et poursuivi ses études en administration et en droit cependant il ne se le rappelait pas, seulement Jacques, qui fut quelque peu embarrassé pour son confrère. Il en conclut que son souci de "donner l`heure juste" avait au moins été reconnu par le client à défaut de l`avoir été par son ancien employeur. Même les professionnels n`échappaient pas aux pressions politiques et administratives à tous les niveaux hiérarchiques.
Dans l`exercice de sa profession, ses professions d`ingénieur et d`administrateur, Jacques voyagea peu à son avis. Il suivit un cours relatif aux systèmes d`informations corporatives mécanisées de l`American Management Association à Chicago. Il aurait aimé aller en Australie et passé quelques jours à ses frais aux Iles Fiji lorsqu`il travaillait à des projets d`alumineries sises dans ce pays. Par contre, il eut le loisir d`apprécier le modernisme des laboratoires de recherches et des usines de Toronto et d`Ottawa de diverses multinationales. Il eut droit à une visite en hélicoptère de la Baie James et le pilote dû être surpris qu`un de ses passagers ne fut pas malade, Jacques en occurrence, qui s`en "sortit" en regardant au sol constamment. Heureusement que Jacques avait voyagé au frais du Commonwealth (payé par les québécois et québécoises) et à son propre compte!
Lorsque vous prôniez le démantèlement du Canada, l`on vous laissait derrière votre bureau! Une technique répandue consistait à offrir un voyage à quelqu`un comme mesure compensatoire à une promotion manquée. Ou pour vous éloigner si vous représentiez un obstacle ou n`étiez pas désiré à un moment donné ou stratégique. Ou encore, si vous étiez démobilisé ou nerveux, un changement de décors pouvait contribuer à votre détente. Evidemment, les exigences du travail pouvaient également conduire à des déplacements.
Dans les milieux de travail, Jacques fut près d`écossais, d`ontariens remarquables, respectables et respectueux, de terre-neuviens humains, d`irlandais sympathiques compatissants aux déboires des québécois, de résidents de l`Ouest canadien compétents et préoccupés par l`unité canadienne, d`américains prêts à respecter les exigences culturelles québécoises, de montréalais anglophones intégrés, non intégrés, intégrables et non intégrables et s`exprimant généralement en anglais.
Ce paragraphe aurait semblé des plus brefs à Jacques pour traduire de très nombreuses années de contacts journaliers dans des climats de travail constructifs et généralement harmonieux. Plusieurs confrères anglophones connaissaient ses orientations politiques cependant ils le sollicitèrent adroitement pour qu`il se joignit à leurs diverses associations croyant pouvoir plus efficacement l`aider. Ils auraient aimer le voir s`installer dans l`Ouest de Montréal et s`intégrer à leur communauté. Il aurait contribuer à consolider la communauté anglo-québécoise et surtout anglo-montréalaise comme bon nombre de francophones. Ainsi, Jacques aurait sûrement eut la vie plus facile au plan professionnel.
Au plan syndical, il s`était impliqué au niveau du conseil d`administration de l`association des ingénieurs d`une industrie de haute technologie. Il fut membre de l`association des professionnels lorsqu`à l`emploi d`un importante commission scolaire. De retour, plus tard, dans le domaine de l`ingénierie, il sera de nouveau membre d`un association d`ingénieurs. Il ne s`agissait pas de syndicats proprement dits. Néanmoins, leurs méthodes étaient souvent empruntées ou s`apparentaient à celles de ces derniers. Souvent, les dirigeants de ces associations étaient intégrés à la direction de l`entreprise.
Suzie, l`épouse de Jacques, quelques fois, croyait, qu`en harcelant Jacques, elle pourrait changer certaines orientations professionnelles, politiques, ... Il lui expliquait que personne ne l`avait presser jusqu`à ce jour et qu`il avait quand même relativement réussit sa vie personnelle et professionnelle. En période d`accalmie professionnelle, Suzie ne se sentait pas capable d`assumer le rôle de soutien de famille si ce n`était au coût de beaucoup de stress et Jacques la comprenait. Dans le milieu familial de Jacques, l`on s`encourageait mutuellement en misant sur les habilités de chacun. Après avoir obtenu une certaine sécurité matérielle, il voulait être un peu plus lui-même, respecter ses valeurs sociétales, réaliser quelques projets que les exigences du travail professionnel dans l`entreprise privée, un certain esclavage souvent bien rénuméré et intéressant, l`avait empêché de mener à bonnes fins. Il voulait s`impliquer socialement et professionnellement comme il le fit au cours de plusieurs années. Suite à de nombreuses années de travail et de réalisations, il n`était pas toujours prêt à tout sacrifier pour son travail professionnel. Trop souvent, un patron zélé ou tyrannique empêchait inutilement le travailleur professionnel de s`impliquer sociétalement surtout s`il ne partageait pas les mêmes valeurs, par exemple, fédéralistes et indépendantistes. Souvent, un nationaliste était placé en porte à faux, il avait à choisir entre sa "cause", ses valeurs et ses intérêts personnels et dans un milieu de travail majoritairement anglophone rien de plus facile sinon fréquent. Jacques réalisait que les travailleurs intellectuels étaient souvent débordés lorsqu`au travail, dans le système; temps surnuméraire, ... alors que d`autres rejetés temporairement par le système avait tout loisir de réfléchir et ils étaient réellement inactifs et fréquemment isolés.
Dans un projet de société québécoise, il faudrait reconnaître le droit au travail au moins à ceux qui le désiraient. Un autre sujet sur lequel il avait réfléchi était celui de l`accession à un poste donné. Il lui semblait que les méthodes employées par certains candidats étaient souvent non orthodoxes et que l`utilisation de telles méthodes était oubliée dès le jour de leur promotion ou de leur nomination.
Son franc-parler et la franchise de ses écrits au sujet de situations concrètes; chantier olympique, commission scolaire, entreprises privées, ... et des problèmes d`éthique et d`intégrité professionnelles ne furent pas toujours favorables à son avancement. Un ancien ministre disait à la légère que "la plus belle fille du monde ne peut offrir que ce qu`elle a, possède". Il en est de même d`amis originants d`humbles milieux. Pour obtenir plus, il faut faire comme certains politiciens, entre autres, s`approcher de grands financiers et des grands de ce monde. Et, il faut se conformer à leurs règles et à leurs exigences.
A un palier inférieur, l`on doit se comporter de manières semblables afin d`éviter de mordre la main qui nous nourrit, nous aide. Au contraire, il faut anticiper, prévoir leurs désirs et devancer leurs demandes et leurs actions dans certains cas. Leur témoigner beaucoup de déférence, de soumission, de fidélité, de supporter courageusement les inconvénients de la situation représentaient des mesures désirables. Il était souhaitable d`indiquer notre satisfaction, notre appréciation; certains petits gestes de gratitude de nature surtout à flatter l`égo des dirigeants. Quelques fois au lieu de recourir à des services d`indépendants de l`organisation, mieux valait s`adresser à un membre de l`organisation sinon à un allié même si la nature des services n`était pas identique. Tout devait être mis en branle pour consolider les activités du groupe et souligner ses interventions aux décideurs susceptibles de favoriser son avancement. Les contacts personnels de toute nature devaient être cultivés par tous les moyens possibles. Cette formule n`était, peut-être, pas gagnante à tout coup mais elle en était probablement une bonne dans une entreprise donnée à un moment donné, pensait Jacques. Il aurait offert ses voeux de bonnes chances à ceux, aux arrivistes, qui pouvaient se conformer à une telle démarche!
N`appartenant à aucun parti politique à un moment donné, Jacques s`était risqué à écrire à Monsieur Bourrassa pour lui mentionner ses insuccès au nombre de plus de trois cent offres de service présentés à des postes de différentes natures et à divers paliers hiérarchiques dans la recherche d`un emploi, il connaissait à l`avance la réponse protocolaire des membres de son Bureau pourtant il souhaitait voir circuler son nom et son pedigree en ce milieu. Les coordonnées de la fonction publique québécoise fournies par le Bureau du PM devaient s`avérer erronées.
Il soumit une offre d`emploi à quelques dirigeants d`entreprise: Messieurs Claude Béland (Desjardins), Laurent Beaudoin (Canadair-Bombardier), Pierre Péladeau (Québécor), Guy St-Pierre (SNC), Richard Drouin (Hydro-Québec), Larkin Kerwin (Agence spatiale de Saint-Hubert), ... et ce fut apparemment sans succès probant. Jacques obtint presque des emplois chez Sidbec-Dosco en gestion de projets, à la ville de Montréal comme commissaire industriel et à la IRSST à titre de conseiller en conception et en gestion de projets. On le disait bon deuxième alors qu`il se devait d`être premier et l`on déplorait quelques fois ses faibles appuis politiques. De plus, il avait été reconnu comme qualifié à titre de coordonnateur des systèmes informatiques par la Communauté urbaine de Montréal et interviewé à l`Ecole de Technologie supérieure comme professeur en génie électrique et doyen. Il avait aussi rencontrer le responsable de la gestion de projet chez Oerlikon, il venait d`être recruté d`une compagnie ayant effectuée plusieurs mises à pied.
Jacques refusait rarement d`appuyer une candidature à la poursuite d`études supérieures ou à l`assumation de responsabilités professionnelles ou communautaires malgré le risque que des personnes de mauvaises fois, Hé Oui! Il s`en trouve!, utilisent ces personnes appuyées, recommandées contre lui. En dépit de tout, Jacques préférait adopter une attitude positive et seconder les éléments dynamiques de son milieu, lui-même ayant été à plusieurs reprises le bénéficiaire de tels appuis.
Suzie encourageait Jacques à se questionner au sujet de son attitude face à l`autorité! Etait-il contre toute autorité, tout dirigeant? Aurait-il voulu prendre leurs places, être à leurs places? Etait-il prêt à consentir les efforts pour arriver, pour être promu à ces postes? Désirait-il vraiment exercer de telles fonctions? Ses expériences personnelles à la direction le motivaient-elles à cet égard? Etait-il important d`accéder à de hauts postes? Savait-il laisser cours au libre choix des décideurs? Savait-il profiter des opportunités? Avait-il peur des responsabilités du point de vue de leurs impacts et de leurs conséquences sur la société? Pouvait-il accepter que son apport à la prise de décision soit fragmentaire même en tant que principal gestionnaire? Pourquoi investir tant de temps, d`énergies et d`argents pour un contrôle partagé, un pouvoir partiel? Pourquoi ne pas se concentrer exclusivement sur des activités rénumératrices? Pourquoi ne pas essayer de rendre payantes toute activité? Pourquoi ne pas oublier les intérêts sociétaux et se concentrer sur ses intérêts personnels? Comment son enfance et son adolescence, l`avaient marqué? Avaient-ils influencé son cheminement, sa vie personnelle, sa carrière, ses engagements sociaux et autres? L`absence partielle de modèle paternel avait-elle largement influencé ses comportements; son attitude face à l`autorité. S`adressait-il assez souvent aux dirigeants? Maintenait-il vivants, opérationnels les liens avec les hauts dirigeants, les supérieurs? Avait-il peur d`eux? Leur était-il réfractaire? Considérait-il ses supérieurs comme des alliés, des collaborateurs nécessaires voir même essentiels? Se privait-il de leurs conseils, de leurs orientations, de leurs directives, de leurs connaissances et de leurs informations? Manifestait-il un besoin autonomiste irréaliste? Réalisait-il sa dépendance intrinsèque en tant que membre d`une équipe à quelques niveaux que se soient? Quel était la qualité de ses communications avec ses supérieurs? Redoutait-il l`évaluation sévère, la critique de ceux-ci? Valorisait-il trop les relations entre confrères de même niveau hiérarchique ou de niveaux inférieurs? Essayait-il constamment de se constituer une équipe de supporteurs? Prônait-il ses propres théories et ses méthodes auprès de son entourage? Se conformait-il aux directives, aux souhaits clairement exprimés par la direction? Voilà beaucoup d`interrogations auxquelles Jacques aurait pu en ajouter bien d`autres! Désirait-il être omniprésent? Désirait-il tout régenter? Acceptait-il la contribution de nombreux dirigeants dans les multiples sphères d`activités? Ses démarches personnelles s`harmonisaient-elles à la réalité hiérarchique des divers milieux? Oeuvrait-il à rebours, à contre courant? Neutralisait-il ainsi ses efforts? Noyait-il ainsi les résultats obtenus ou escomptés au coût de maints efforts? Se privait-il d`expériences plus significatives en recherchant l`autonomie personnelle, l`indépendance individuelle?
Ce questionnement alimentait et animait profondément la vie intérieure, les réflexions et les actions de Jacques! Questionnement effectué sereinement à titre de scientifique qui ne deviendra jamais le monopole de la vérité, ni des connaissances mais qu`un infime filon. Il aurait aimé profiter au maximum et rentabiliser ses efforts dans les multiples aspects de sa vie personnelle, professionnelles, sociétales, .... Le nombre et la diversité de ses questions témoignaient et précisaient le degré d`intériorisation chez Jacques. Il réservait, toutefois, ces interrogations pour les périodes d`accalmie professionnelles et personnelles. Dans l`ensemble, les réponses à ces questions favorisaient son avancement compte tenu des observations et des remarques exprimées dans ce récit, croyait-il!
Une proche connaissance influencé par des amis lui répétait constamment qu`il fallait prendre des risques pour prospérer! Il fut moins convainquant après que le père d`un de ses amis eut fait faillite. Prendre des risques, c`était également risquer de perdre l`acquis. Il s`agissait tout de même d`une attitude positive à mûrir pour un jeune de moins de vingt ans.
La fête de la Reine ou plutôt la fête de Dollars semblait une journée d`opportunités pour Jacques. A quelques reprises, de nouvelles avenues s`étaient ouvertes à lui. Question de hasard, pensait-il!
Les gens parlaient quelques fois de scientifiques distraits dans l`exécution de travaux banals. Jacques visualisait comme possible cette situation lorsque quelqu`un se concentre, monopolise ses énergies intellectuelles pour accomplir une tâche difficile et d`envergure requérant un effort de mémorisation et de raisonnement. Solutionner un problème ou continuer à réfléchir à un sujet pendant l`exécution d`une tâche routinière était fréquent et pouvait conduire à de faibles résultats ou des performances atténuées, réduites relativement aux possibilités, au potentiel de l`individu. Voilà, pour une explication plausible et expérimentée! Ainsi, même après avoir maîtriser un sujet à un moment donné, quelqu`un devait se remémorer les données et les principes soit du procédé, soit de l`activité, surtout après plusieurs mois et plusieurs années.
Chaque fois que Jacques reprenait le collier, le travail dans une entreprise, il avait la sensation de se couper des débats publics, de cesser de vivre publiquement ayant peu de temps pour suivre l`actualité, analyser les démarches politiques, définir ses propres positions, ... Par conséquent, il avait l`impression de perdre, de sacrifier plusieurs éléments importants de sa vie en raison de sa sensibilité sociétale. L`expression "avoir l`impression de perdre sa vie" lui échappa dans une discussion avec un copain et il ne pouvait s`empêcher de penser que cette expression était forte et jusqu`à un certain point prétentieuse.
Les entreprises familiales québécoises étaient comme toujours vulnérables. Désourdy avait été vendu à des intérêts français, Lavalin subissait de sérieux déboires, Steinberg avait été repris heureusement par des québécois, Pascal fermait, ... Dommage pour l`économie québécoise!
Nos dirigeants politiques voulaient bien s`adjoindre quelques scientifiques, quelques rares ingénieurs à titre de dociles exécutants politiques, techniques des volontés politiques des grands élites en la matière. Le peu d`envergure sociétal des scientifiques les vouait à une servilité méritoire, semblait-il! Pour des raisons de survivance et d`épanouissement économiques et financiers, les professionnels du génie, entre autres, vivaient sous la houlette des politiciens majoritaires de formations différentes ou sans formation particulière. Leur faible crédibilité politique les confinait, par conséquent, à jouer un rôle surtout sinon exclusivement économique que, d`autre part, on leur reprochait fréquemment.
Un membre émérite de la profession soulignait avec justesse lors de l`obtention d`une rare reconnaissance publique que la piètre crédibilité des ingénieurs originait de leur faible production littéraire. Jacques se demandait si les ingénieurs auraient été plus prolifiques si leurs efforts en cette matière avait été mieux accueillis, recherchés, valorisés, encadrés, ... Il se rappelait qu`un hebdomadaire avait refusé un de ses articles relatifs à la profession d`ingénieur alors que la parution de la même semaine faisait état de similaires situations chez les architectes qui essayent d`obtenir une mobilité professionnel au Canada, mobilité déjà acquise chez les ingénieurs dont certains favorisait une visibilité et une représentativité internationales accrues pour les ingénieurs et les ingénieures québécois. A l`ère de la technologie, la société était encore privée jusqu`à un certain point de l`apport des scientifiques tant sur le plan de l`écrit et du commentaire scientifique que sociétal, c`est-à-dire une contribution originale à titre de scientifique comme tel.
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X- L`IMPLICATION SOCIETALE
D`année en année, il trouvait toujours des sujets d`actualités justifiant la rédaction de textes, lui permettant de s`impliquer dans les débats de l`heure. Exprimer ses points de vue constituait une soupape de sécurité à son équilibre personnel. Il croyait, à tort ou à raison, que des textes présentés à des comités éditoriaux, même s`ils n`étaient pas toujours publiés, qu`ils étaient lus par les leaders d`opinions, certains décideurs, ... A défaut d`obtenir le crédit ou l`avancement afférent à la reconnaissance de ces suggestions, de ces analyses, il appréciait la matérialisation de certaines mesures suggérées antérieurement.
Les idées faisaient progressivement leur chemin. Par exemple, les membres du Ralliement pour l`Indépendance Nationale du Québec furent de plus en plus nombreux à être convaincus du bien-fondé de leur cause. Ensuite, les membres du Parti Québécois suivirent un cheminement semblable et, après, ceux du Parti Libéral furent exposés à cette idée. Jacques n`était même pas certain que les membres du Parti Québécois étaient indépendantistes dans l`ensemble, ils les soupçonnaient d`être souverainistes à divers degrés.
D`autre part, il était convaincu que lorsque l`on adhère à l`indépendance, c`est pour longtemps. Un chansonnier québécois nationaliste populaire, Gilles Vigneault, originaire de la même région que Jacques et de l`autre côté du fleuve avait composé une chanson très populaire et entraînante dans laquelle il référait au nom de Jacques. L`élite nationaliste québécois omniprésente depuis toujours alimentait les milieux nationalistes et assumait une certaine coordination à une échelle réduite. Les mouvements de gauche en attente d`un contexte propice à leur expansion critiquaient souvent avec justesse tant les actions du gouvernement que celles de l`Opposition. Par exemple, le fait que le Parti Québécois relayait toujours son objectif premier au deuxième rang, soit subséquemment à l`exercice du pouvoir si le contexte l`exigerait!
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1- La politique
Jacques s`évertuait à rechercher des moyens de promouvoir les intérêts des québécois francophones dans un système indépendantiste alors que son avancement commandait préférablement l`appui des mesures fédéralistes et du bilinguisme sinon de l`anglais tout court. Encourager le bilinguisme au Québec, c`était contribuer à l`assimilation des québécois, c`était favoriser l`usage de l`anglais ici quant à l`extérieur du Québec le bilinguisme n`existait pas réellement; il s`agissait en pratique de promouvoir seulement l`anglais au Québec et non pas le français hors Québec.
Si vous secondiez une démarche souverainiste, vos idées, vos suggestions étaient récupérées par les partisans de cette tendance et intégrées à leurs actions irrespectivement de votre position dans l`organisation ou du crédit que vous méritiez ou devriez mériter. La cause était d`abord servie aux profits des dirigeants en place quelqu`ils puissent être.
Plusieurs anglophones montréalais et hors Québec décourageaient Jacques à acheter et à posséder une résidence secondaire en terre américaine. Ils préféraient être les seuls à assumer la représentation extérieure à la canadienne anglaise, à titre de malheureux opprimés linguistiques par les pervers québécois francophones. Jamais, il n`était propice à un québécois d`être présent aux Etats-Unis.
Les américains respectueux de leur drapeau étaient intrigués par les deux drapeaux, de dimensions semblables adossés l`un contre l`autre, des Laberge; un américain et l`autre québécois symbolisant dans l`esprit de Jacques qu`une parcelle de terre américaine était aux mains de québécois. Les canadiens et les québécois anglophones sur le lac préféraient déployer leur drapeau canadien et, quelques fois, américain. De plus, Jacques avait installé un petit drapeau québécois sur son bateau. Un voisin lui avait dit qu`il déployait son drapeau fleurdelisé le jour de la Saint-Jean pour lui plaire. Jacques n`en était pas entièrement convaincu car québécois même après avoir travaillé pour la NASA et vécut avec sa première famille dans le Sud des Etats-Unis, il avait parait-il enseigné au chef de l`Opposition et travaillé pour le Vice-président du PQ. Sa deuxième épouse l`avait présenté aux Laberge comme le docteur Nadeau. Jacques avait cru se sentir protégé médicalement toutefois il apprit ensuite qu`il était docteur en chimie. Quelques fois, on l`appelait, semblait-il, l`homme au trois drapeaux.
Il était difficile de s`affirmer ouvertement comme souverainiste dans une société dominée par les valeurs fédéralistes bien ancrées dans les moeurs de nos dirigeants devant leurs positions, leur avancement à des stratégies et des actions s`inscrivant dans cette foulée, avait observé Jacques au cours des ans.
On ne saurait couper les ponts avec les québécois francophones oeuvrant dans des organismes fédéralistes au contraire aux risques d`une assimilation à leurs propres activités souvent importantes, les valeurs véhiculées par des nationalistes québécois convaincus et sincères seraient progressivement intégrées, somme toute, par des compatriotes qui éventuellement constateraient la pertinence de ces valeurs même en fonction de leurs intérêts pécuniaires lorsque la loi du grand nombre et de la majorité les favoriseraient.
Il avait colligé des centaines de pages d`articles rédigés surtout en français et aussi en anglais et en espagnol et publiés au bon vouloir des propriétaires de journaux. En raison du nombre d`articles écrits et souvent publiés on pourrait presque dire que Jacques tenait un journal personnel public. Il avait étudié les structures de la Commission des écoles catholiques de Montréal incluant le rôle des commissaires élus et exprimé ses conclusions par écrit. Lors d`un voyage au Nouveau Brunswick, il nota que certains acadiens auraient aimé être citoyen québécois et ses remarques furent publiées dans le journal Evangeline. Suite à son retour de Martinique, Jacques établit un parallèle entre la situation du Québec et celle de ce département français d`outremer.
En 1974, Jacques suggérait en sus du Parti Québécois un parti indépendantiste gauchiste et un autre au fédéral. La suggestion d`un parti pour anglophones fut aussi présentée. Dans un de ses articles de cette même année, il soulignait la possibilité chez un couple qu`un des partenaires en vienne à orienter fortement et définitivement les décisions du foyer. En 1977, il comparait les systèmes scolaires privé et public en favorisant ce dernier. De plus, il témoignait de situations défavorables à la francisation des entreprises. Les mesures de francisation des entreprises ne semblaient pas appliquées très sérieusement car les avantages d`une promotion apparaissent plus attrayants, importants que la promotion du français. En 1981, relativement à l`abolition de la retraite obligatoire, il avait exprimé son opposition à cette mesure à son député-ministre du temps. En 1982, Jacques se demandait combien de départs d`anglophones étaient fictifs parmi les vrais! Il discourait également sur la pertinence de la souveraineté comparativement à la souveraineté-association. L`influence des sondages d`opinions retenait aussi son attention. Il recherchait à cette époque un raccourci vers la souveraineté. Il justifia publiquement et localement sa proposition de vote de blâme à l`égard du chef du PQ.
A cette époque, il soulignait sa confiance à une monnaie québécoise et il interrogeait les milieux d`affaires relativement à la souveraineté et la pertinence de la présence des péquistes à Ottawa. En 1983, quelques liens économiques Québec-Etats-Unis étaient mise en relief dans un article. Un autre de ses articles soulignait et déplorait la perte partielle de la nouvelle génération, la jeunesse et s`interrogeait au sujet des conséquences de la libéralisation des moeurs. Il questionnait le coût du bilinguisme au Québec dans le domaine de l`éducation relativement à celui de l`Ontario. Au Québec, nous avions un double sinon quadruple système d`éducation; anglais, français, protestant et catholique. En 1987, Jacques pratiquait son espagnol en établissant un parallèle entre la situation des québécois et des haïtiens suite à une longue discussion avec un haïtien. Après quoi, il récidiva, en espagnol encore, auprès du journal El Correo en leur transmettant ses commentaires politiques. En 1990, il dressait un portrait d`ensemble du contexte politique québécois.
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i) Le Parti Québécois
Jacques s`impliqua socialement et politiquement en devenant membre du conseil d`administration de comté d`un parti politique où il fut à tour de rôle trésorier, agent officiel et président. Il fut surpris, entre autres, par le peu de services existants dans une des municipalités, en particulier, et il suggéra en périodes de relative prospérité que des argents soient investis dans le domaine environnemental et notamment à l`épuration des eaux déplorant la qualité de celles s`écoulant doucement à proximité de sa ville résidentielle. A une réunion du conseil d`administration présidé par Jacques, un couple d`amis insista pour intervenir. Le sujet concernait essentiellement le mari et Jacques donna la parole au mari. Toutefois, l`épouse étant des plus dynamiques exigea le droit de parole et, après, l`avoir obtenu elle contribua très peu au débat. Encore, une fois, Jacques reconnut que la vie et la dynamique chez un couple devraient être respectées. Il s`agissait d`un couple ami et, surtout, d`un ancien confrère de travail.
Il n`accepta pas la ponction financière chez les fonctionnaires québécois qui avaient contribué efficacement à la naissance et à la promotion du Parti. Souverainiste convaincu, il fut bouleversé par le fait que des positions majoritairement adoptées à un congrès national ne soient pas entérinées par le conseil d`administration du parti où pourtant siégeaient des dirigeants d`expérience et des membres du gouvernement, notamment, des ministres, évidemment, émules de Monsieur Lévesque. A plusieurs reprises, on dit à Jacques que Monsieur Lévesque avait hautement été traumatisé par ses expériences des querres en tant que reporter.
Jacques et quelques militants convaincus firent la promotion de la souveraineté pure et dure comme les journalistes et les discréditeurs de la souveraineté et de l`indépendance aimaient les appeler. D`abord, au niveau du comté, ensuite à la région et finalement au congrès nationale. ils applaudissaient les résolutions, les interventions les plus pro-souverainistes et dites radicales, ils intervenaient en dû temps pour influencer l`assemblée ayant maîtrisés les procédures d`assemblées délibérantes et autres, ils chahutaient leurs adversaires, ils effectuaient en pratique, démocratiquement la promotion de leurs croyances, de leurs objectifs et du programme officiel du parti tel que transformé. Aller au micro était pour eux leur façon démocratique de monter aux barricades! Jacques et les militants de plusieurs comtés avaient fourni aux dirigeants au pouvoir l`opportunité de diriger un parti souverainiste, indépendantiste et de préférence un pays indépendant. Ces dirigeants et surtout Monsieur Lévesque n`en attendaient pas tant! Monsieur Lévesque vit en eux des agitateurs efficaces alors qu`ils étaient de simples militants aguerris à la défense de leur idéal politique que l`on leur faisait miroiter durant les compagnes de financement, aux Fêtes nationales, ...
Ces militants avaient livré démocratiquement la "marchandise", l`indépendance et non la souveraineté-association à l`eau de rose qui devait revêtir éventuellement la forme de beau risque fédéraliste confirmant ainsi les appréhensions de ces militants expérimentés et las de ces éternelles discussions, débats.
Serons-nous plus avancés dans quelques années, se demandaient-ils? Possiblement que le langage sera différent mais quand sera-t-il vraiment de la réalité? Monsieur Lévesque avait possiblement cheminé et favorisé un certain nationaliste québécois qui l`avait conduit au pouvoir forcément entouré d`une équipe à l`instar des anciens premiers ministres québécois. Toutefois, pour bon nombre de stratèges, il était souhaitable pour la cause, l`indépendance que la population identifie ce leader aimé, adulé à un moment donné à cet objectif poursuivi par tant de militantes, de militants, de québécoises et de québécois.
Jacques avait également préparé une demande de congrès à la chefferie en de telles circonstances. Requête qu`il ne présentera pas même si sa proposition de blâme recueillit beaucoup d`appuis sur le plancher du congrès d`après certains médias et observateurs. Certains journalistes disaient que les dirigeants péquistes purs et durs avaient reculé pris de vertige. Parlaient-ils des militants ou des élus? Les militants semblaient déterminés! Jacques se souvenait du regard narquois de M. Lévesque, à ce moment, ce dernier était assuré de ne pas être sérieusement inquiété fort des résultats du renéremdum. M. Lévesque aurait dit qu`il aurait voté pour un blâme partiel à son endroit, semble-il. De plus, Jacques apprit que quelques ministres l`auraient averti que la prochaine fois qu`il défierait les instances officielles du Parti qu`ils ne l`appuierait plus. Ce congrès "démocratique" comme beaucoup d`autres avaient été orchestré et les conclusions acceptées à l`avance par les élites du Parti. Les résolutions provenant de la base n`étaient pas considérées sérieusement sinon comme dérangantes et déstabilisantes. Souvent, les résolutions issues de la base traduisaient la vraie nature des changements souhaités, des mesures requises par les membres, les militants et la société et qui divergeaient des intérêts des dirigeants bien installés, positionnés; l`establishment.
Au cours de ses activités politiques, il eut l`occasion d`aider un politicien important et maintenant chevronné à résoudre un anomalie administrative en l`informant en dû temps. De retour des nombreux congrès, il se voyait quelques fois à la télévision et l`expression de faire parti ou être de la "tapisserie" de petit écran l`amusait. A l`occasion d`un colloque organisé par le PQ, Jacques souligna au Président du conseil du patronat du Québec son appréciation sur la qualité de sa représentativité, entre autres, à titre de résident de la Rive-Sud et d`ancien Rimousquois. Ce dernier en fit autant à l`adresse de Jacques. Plus tard, Jacques devait constater qu`il représentait bien et qu`il défendait efficacement les valeurs des patrons intégrés au système actuel; fédéralisme à saveur anglophone.
Au niveau local, il fut surpris d`être invité par écrit à joindre les rangs du Parti Libéral du Québec à titre de communicateur ayant présenté quelques constats politiques critiques dans le journal local, La Seigneurie. Plusieurs militants péquistes avaient fait l`analyse, même et bien avant les déboires connus par le successeur de Monsieur Lévesque, que la souveraineté, et surtout, l`indépendance du Québec était la seule voie acceptable et souhaitable. Que la promotion de l`indépendance était effectuée plus efficacement lorsque le PQ était dans l`opposition si l`on en jugeait par le degré d`appui constamment accru à la souveraineté et au PQ jusqu`a son accès au pouvoir. Ainsi, il était normal que le Parti revienne à ses orientations initiales surtout après avoir perdu le pouvoir, réfuté les conclusions d`un congrès national, écarter certains successeurs potentiels à Monsieur Lévesque.
En effectuant son virage fédéraliste, le PQ faisait fi de l`appui de quarante pour-cent de la population à la souveraineté et d`un pourcentage plus élevé de ses membres. Quels intérêts personnels, partisans, ... pouvaient justifiées une telle infamie. Le Parti Libéral du Québec semblait peu enclin à les imiter! En pratique, l`ancien chef du PQ, chef du gouvernement fut remplacé par Monsieur Bourassa à ce dernier poste. Après vingt-cinq ans de service, ce dernier devrait laisser la chefferie libérale et retrouver ses cheveux gris ou blanc.
Le politicien que Jacques respectait, admirait, le plus, était Camille Laurin, malgré ses mains moites qui traduisaient possiblement son professionnalisme, pour avoir fait adopter une législation linguistique avec semblait-il un appui mitigé du Premier ministre du temps. Jacques avait comme beaucoup de québécois fait parvenir sa lettre d`appui à cette loi. Cette loi avait une portée, un impact considérable, déterminant sur les chances de survie sinon de durer de la société franco-québécoise à court, moyen et long termes. De plus à titre de président du comté, il avait préconisé sa venue dans le comté au moment où il défendait son projet de réforme, de restructuration scolaire. Il avait conserver un bref texte de présentation préparé à cet effet. Toutefois, le député se réserva le droit de présenter un tel personnage; question de protocole! Son ascendant sur son parti était des plus déterminants. En fin stratège, d`érudit et de professionnel, il utilisait ses connaissances afin de promouvoir l`épanouissement des québécois dans leur ensemble et surtout l`élément franco-américain majoritaire au Québec; dernier bastion de la francophonie sur ce continent.
Jacques fut impressionné par la prestance de Monsieur Lazure ainsi que sa puissance intellectuelle. A titre de président du comté, Jacques avait passé de nombreuses heures en sa compagnie à divers congrès et conseils nationaux ainsi qu`aux diverses activités partisanes locales. Au risque de réduire sa popularité, M. Lazure défendait souvent et vigoureusement des causes, des projets très louables qui ne représentaient pas toujours un souci collectivement reconnu, partagé à prime abord. Au plan politique, Jacques n`avait pas été impressionné par une mise en garde personnelle. Jacques fut surpris des réactions de M. Lazure qu`il avait prévenu de sa candidature à la présidence du comté. Il ne croyait, peut-être pas, qu`il serait élu à ce poste compte tenu des commentaires recueillis auprès des membres de son bureau de comté. Cet avertissement avait modifié sa perception, avec raison ou non, de l`envergure de ce politicien. Peut-être qu`il s`agissait de considérations pratiques à son point de vue, d`un style de gestion? Un jeune ministre qui lui semblait désabuser de son milieu de vie politique; valeurs, compromission, rythme de vie, ... en était arriver à des mésaventures personnelles spectaculaires traduisant son épuisement psychologique et peut-être physique? Jacques devait se rallier à plusieurs politiques gouvernementales et partisanes. Toutefois, il étudiait le plus sérieusement possible les dossiers, en évaluait les avantages et les désavantages tout en consultant les membres du parti et des citoyens et présentait ses observations aux instance du parti et quelques fois à la population.
L`évaluation des politiques était réalisée à partir de principes et d`idéaux sachant qu`en périodes d`activités intenses les décideurs étaient bousculés par les événements et influencés par les groupes de pression ainsi que par leur entourage politique. Les solutions n`étaient pas toujours évidentes et les marges entre la théorie et la pratique, l`application de principes et le respect de la réalité politique, les idéaux et les positions pragmatiques étaient souvent considérables. Comme point de départ à une réflexion, Jacques préférait s`inspirer de principes sachant que la politique vécue activement exigeait énormément de compromis, de concessions, ... lorsque les obstacles semblaient insurmontables alors que l`objectif, le but poursuivi était d`importance primordiale.
A l`épicerie, il entrevit un ancien confrère de travail, démographe et économiste, politicien municipal qu`il avait neutraliser politiquement d`une façon tout à fait inattendue lors d`une assemblée de comté où les délégués au prochain congrès national du PQ suite au renérendum furent élus. Bénéficiant de l`appui d`un voisin membre de l`exécutif, ils présentèrent une équipe et ce fut l`équipe des décriés souverainistes "purs et durs" qui furent élus déconcertant ces nouveaux candidats aux postes de délégués péquistes du comté. A ces dernières interventions après avoir laisser la présidence du comté, il se souvenait d`une rencontre où il avait insisté sur la nécessité d`impliquer les dirigeants d`entreprises dans le débat sur la souveraineté, l`indépendance. D`ailleurs, il s`agissait d`un prolongement verbal de ses écrits publiés localement. Ses expériences dans les milieux industriels en particulier lui avaient enseignées le peu de latitude laissée aux employés en termes de temps, d`idéologie, ... Son point de vue n`était pas nettement compris par des enseignants, des fonctionnaires et même des travailleurs des milieux industriels dont certains n`avaient pas observés la prépondérance des arguments présentés par les milieux d`affaires soit officieusement, soit officiellement.
Certains militants voyaient quelques ministres comme des "preachers", prédicateurs américains du haut de leurs ministères. Jusqu`à un certain point, on était en droit de s`attendre que les ministres définissent des orientations et même des moyens et des méthodes tout en demeurant le plus possible à l`écoute des citoyens et des militants surtout après quelques années de cumul de ces fonctions. D`autres ministres dépensaient quelques fois beaucoup d`énergie à créer, à soigner leurs images et peut-être pas suffisamment de temps à l`étude, l`examen et la révision des méthodes de gestion publique.
A discuter avec un copain vivement intéressé à la politique, il en vînt à la conclusion que celui-ci était disposé à appuyer n`importe lequel leader favorisant la souveraineté, la plus complète possible indépendamment des antécédents de ce leader. A vouloir défendre l`unité de pensée du parti, l`autorité et l`image du chef, on en venait à brimer des éléments dynamiques, porteurs d`idéologie et agent de ressourcement et de renouvellement au sein du Parti. Si quelqu`un de la base avait une bonne idée, elle était mise au service d`un dirigeant au lieu de servir à l`initiateur. Jacques se souvenait qu`il avait commencé à fumer la cigarette en signe d`appui au Chef de l`opposition vertement critiqué à ce sujet.
Un copain et allié politique, pensait-il, jouait un rôle effacé en politique laissant à son épouse les rôles prépondérants et correspondants à sa forte personnalité. A discuter avec un des conjoints, l`on obtenait un point de vue tandis que l`autre conjoint procédait différemment. Ce processus était assez courant; un couple étant composé de deux personnalités!
Tous les moyens étaient valables pour contraindre le Chef de l`opposition à promouvoir la souveraineté et son plan de carrière incluait cette exigence contringnante au moins jusqu`à ce que le PQ prenne le pouvoir après quoi il pourrait toujours adopter des positions semblables à celles adoptées par Monsieur Lévesque. Que faire de plus en ce domaine! Tant que le Chef de l`opposition répondait favorablement aux pressions exercées sur lui et qu`il parlait le plus ouvertement possible de souveraineté compte tenu de ses déclarations antérieures, sa relative faible popularité lui était pardonnée.
Jacques trouvait que c`était allé bien loin et que c`était symptomatique d`une apparente carence de leaders, de dirigeants indépendantistes. Il ne croyait pas à l`efficacité de ce genre de "tordage" de bras, de pressurisation d`un cerveau développé, intelligent en raison de l`importance des moyens laissés à la disposition d`un chef d`opposition et à plus forte raison d`un chef de gouvernement à l`apogée de sa carrière politique.
Il aurait de beaucoup préférer simplement pouvoir compter sur de tels dirigeants les yeux fermés. Plusieurs militants lui disaient que le Chef de l`opposition était un homme de transition. Transition entre le fédéralisme et l`indépendance; s`eut été trop beau! Le fédéralisme et la souveraineté-association, peut-être, compte tenu de ses déclarations antérieures!
Certains militants lui avaient confiés que l`épouse du chef de l`Opposition représentait un handicap pour ce dernier dans le domaine de la politique. Jacques n`en était pas convaincu car elle était une personnalité canadienne de stature internationale connue, une écrivaine populaire. En politique, les gens se croyaient tout permis! Au cours d`une entrevue, le chef de l`Opposition encourageait les gens, les militants à effectuer des pressions pour l`inciter à parler d`indépendance au lieu de souveraineté et de monnaie québécoise au lieu de monnaie canadienne.
A son insu, il confirmait à Jacques qu`en tant que Premier ministre du Québec, il fléchirait, il s`infléchirait comme un roseau obéissant aux déplacements d`air, aux vents en l`absence d`orientations, de programme d`actions définis préalablement à l`accession au pouvoir possiblement suite aux prochaines élections.
En une autre occasion, dans l`Ouest canadien, le Chef du PQ fut surpris que ses propositions d`associations soient refusées. Il avait, semble-t-il, peu appris du dernier referendum et il apparaissait gelé dans les anciennes positions du PQ.
Le chef de l`Opposition disait organiser une conférence de presse pour annoncer la potentielle candidature de M. Ménard, au poste de ministre de la Justice car ce sujet n`était pas l`agriculture pouvait-on comprendre, en réponse à une question des journalistes. Ce commentaire fut présenté quelques fois aux téléjournaux. Avec les médias électroniques, il était si facile de gaffer. Les personnalités en cause étaient révélées sauf pour les politiciens ayant développés des mécanismes de défense, des réflexes appropriés. Jacques se demandait si ce point serait soulevé, noté par le parti au pouvoir. Et Oui! Ce fut le ministre de l`Agriculture en titre qui y refera.
Jacques pensait que le PQ était chanceux à plusieurs points de vue d`avoir M. Parizeau comme chef et il lui reconnaissait de grandes qualités. Ceci ne l`empêchait pas de respecter ses devoirs de citoyen et de militant. Des citoyens et des militants négligeant ne permettaient pas à la démocratie de s`exercer réellement, le peuple en était réduit à subir une "démocrassie". Certains militants allaient très loin dans la défense de leur chef jusqu`à parler de morsures de pantalon. Ils se laissaient conditionner à outrance par l`aristocratie péquiste, semblait-il! Pour mordre un pantalon, il faut généralement être un chien. Même si Jacques aimait bien la race canine, il ne s`y associait pas directement, si étroitement. Rapporter une déficience majeure dans le gestion publique à titre de citoyen était un devoir et en écrivant directement à un ministre responsable accroissait les chances d`être entendu. En d`autres circonstances, il se contentait d`en discuter avec des proches.
Une fois, le chef de l`Opposition se disit heureux du report du projet hydro-électrique Grande-Baleine ce qui inquiéta Jacques car si ce projet était adéquatement intégré dans une politique énergétique et environnementaliste, il constituait un apport économique québécois non négligeable en cette période d`attente de la relance économique américaine. D`autant plus qu`un premier report ouvrait la porte à d`autres et, peut-être, à son abandon.
A une émission d`intérêts publics, l`animateur fit admettre au chef de l`Opposition qu`il souhaitait depuis longtemps une souveraineté-association, une association économique, ... à l`instar du dernier programme du parti Libéral. Jacques avait admis à un journaliste que les positions de messieurs Bourassa et de Parizeau étaient intrinsèquement semblables; ils recherchaient une association économique avec le Canada de préférence sans avoir à réaliser la souveraineté, l`indépendance du Québec. Pourquoi, les Anglo-canadiens feraient-ils des concessions au Québécois? Leurs intérêts primaient! Un Québec indépendant offrirait une meilleure position pour fins de négociation. Négocier en positions de dépendance ne pouvait conduire qu`à l`attribution des pouvoirs québécois.
D`un point de vue démocratique, le processus d`accession à la chefferie d`un parti était primordial. Jacques avait remarqué qu`entre Pierre Marc Johnson et Bernard Landry, les pourvoyeurs de fonds, les dirigeants d`entreprises québécoises, canadiennes, américaines et internationales n`avaient pas hésité longtemps avant de seconder le plus fédéraliste, M. J.
Des alliés politiques naturels pour Jacques avaient été et étaient Bernard Landry et Pierre Marois en raison de ses antécédents universitaires et Monsieur Lazure ayant été connu par la suite comme un des quatre "L" de l`Assemblée Nationale; Lévesque, Landry, Lazure et Léonard. C`est Monsieur Lazure qui devait présenter Jacques à son mentor, Jacques Parizeau, à l`occasion d`un congrès péquiste.
Au cours des ans, Jacques avait acquis une maturité politique face aux autres intervenants en ce domaine sans avoir d`idole comme à ses débuts. Bernard Landry avait promu énormément et efficacement la prise en main économique des québécois, une politique de développement industrielle et technologique, jusqu`à un certain point, et il occupait un espace politique assez considérable cependant réduit suite à son échec d`accession à la chefferie.
Lors de l`élection de Monsieur Parizeau à la chefferie, on avait évacué d`autres candidatures qui auraient pu porter ombrage à son prestige, à son pouvoir, à son affirmation, à son image, à la nature de ses appuis et de son ascendant sur le parti. Conséquemment, on pouvait dire que la problématique de l`élection d`un chef du PQ respectant surtout le choix des membres existait toujours même si elle avait été contourné en une occasion. Avis aux intéressés à prendre la relève! Certains candidats potentiels et autres intervenants avaient déjà analysé le contexte politique et adopté des positions correspondantes à ces exigences.
Même le financement populaire pouvait être allègrement contourner, il s`agissait pour quelques individus de souscrire plusieurs fois trois mille dollars et de le laisser savoir aux dirigeants. Les dîners-bénéfices étaient une autre formule. Le système actuel probablement supérieur au précédent où à un moment donné, semble-t-il, tous les contrats gouvernementaux faisaient l`objet d`une remise systématiquement, disait-on, de dix pour-cent au lieu de favoriser seulement ou surtout les éléments du parti au pouvoir. Jacques n`était pas convaincu que de favoriser seulement ou fortement des membres d`un parti correspondait à une situation nettement plus équitable que la méthode du dix pour-cent réquisitionné à tous les soumissionnaires, bénéficiaires de contrats. Si ce n`était pas de l`hypocrisie, les partis auraient pu partager selon des pourcentages inégaux les ristournes sur les contrats selon que leur parti était au pouvoir ou non. A l`occasion, il avait débattu ce sujet avec un copain.
Jacques avait noté la relative facilité avec laquelle P. M. Jonhson avait accédé au poste de premier ministre du Québec en se référant au système fédéral alors que son successeur au titre de chef du parti semblait prendre un détour plus long si jamais il le devenait. Des alliés locaux semblaient des inconditionnels du chef du PQ ayant connus ses prédécesseurs moins souverainistes et surtout s`ils se referaient aux dirigeants des tiers partis nommément le PLQ. Le PQ comme véhicule politique d`importance s`identifiait le plus près de leur objectif indépendantiste pur et dur en tant que militant. Jacques ne pouvait compter aveuglément sur des alliés politiques locaux car il croyait à tort ou à raison que malgré leur motivation indépendantiste, leur intégrité, ils pouvaient "facilement" être dupés par des dirigeants souvent à plein temps et au fait de leurs priorités. Un de ses voisins fut un des premiers militants du comté à encourager, à appuyer ouvertement la candidature du présent chef de l`Opposition à la chefferie. Il s`agissait pour eux de répondre en apparence ou pour une période de temps à ces attentes jusqu`à ce que ces effectifs soient intégrés et éventuellement noyés dans un ensemble dirigé par l`élite péquiste selon les exigences de la sortie de l`attentisme du pouvoir, le plus tôt possible.
Pour des dirigeants expérimentés face à des militants sincères, il était facile de discréditer en sourdine les éléments du parti qui n`acceptaient pas leur dicta apparemment démocratique. Quand même, il trouvait ses alliés très dégourdis et muris par de nombreux insuccès en tant que militants de l`indépendance. Il ne fallait pas demander, s`attendre à l`invraisemblable sinon à l`impossible! Ses alliés, les militants disposaient de peu d`informations et de moyens. Ils ne pouvaient que réagir favorablement ou non à diverses mesures préconisées par les dirigeants. Ils essayaient aussi de protéger leurs intérêts locaux. Ces militants dits modèles par souci de fidélité aux leaders politiques en titre, par respect de l`unité du parti au niveau local démolissaient gaiement des arguments et des personnes ne prônant pas la doctrine actuelle du parti. Certaines mesures pouvaient paraître draconiennes à court terme et se révéler judicieuses à moyen et à long termes. Des principes devaient être appliqués avec largesse d`esprit et pour se faire le meilleur bagage possible de connaissances était souhaitable.
Mieux valait que certaines choses soient dites par des militants que par des adversaires politiques en moments inopportuns. Quelqu`un qui mentionnait les faiblesses d`une organisation et soumettait de nombreuses suggestions aurait dû se voir offrir l`opportunité de contribuer à un plus haut degré à la gestion de l`organisation, à implanter ses projets et ce n`était pas toujours le cas particulièrement lorsque les remarques originaient d`un palier hiérarchique peu élevé. Jacques aurait aimer postuler, soumettre sa candidature à un poste à l`exécutif national du PQ.
Toutefois, il préférait jouer seulement un rôle à titre de bénévole à la fois et il était présentement à l`Ordre des ingénieurs du Québec. Lorsqu`un militant épouse fortement la thèse d`un parti, il n`était pas nécessaire de l`avantager personnellement, mieux valait conserver ses atouts pour attirer de potentiels supporteurs. Certains militants refusaient d`oeuvrer pour le parti ou ailleurs en périodes de précarité financière, en recherche d`emploi afin d`éviter que l`on abuse de leur disponibilité.
Quelques alliés de Jacques étaient fortement embarrassés par les périodes d`activités réduites de celui-ci ne comprenant pas qu`un professionnel qualifié et expérimenté ne pouvait pas utiliser ses contacts personnels et professionnels pour décrocher facilement des contrats ou des emplois. Dans ces conditions, ils hésitaient à l`appuyer, à accorder une pleine crédibilité à ses propos, à ses idées, à ses analyses, à ses propositions enfin à ses actions. De plus quelqu`un ayant osé soumettre un vote de blâme à un chef de parti et de gouvernement, par surcroît, était sûrement vu comme suffisamment déterminé et susceptible d`embarrasser d`autres dirigeants. Probablement qu`une acceptation officielle, écrite du "merveilleux" système fédéral aurait facilité son retour au travail. Les militants en demandaient beaucoup! Demandaient-ils moins de principes et plus de compromission? En étaient-ils conscients?
Dans le feu de l`action, peu de temps était accordé à la réflexion, ainsi donc, le PQ se devait de planifier préalablement à la prise du pouvoir, leurs actions, leurs activités prévues suite à l`accession au pouvoir. Jacques avait noté que des idées, des mesures proposées par certains militants étaient réalisées par d`autres en positions exécutives et que ces personnes souvent comprenaient mal la portée et les modalités d`implantation des mesures suggérées. Il aurait mieux valu déléguer ces responsabilités ou accorder une promotion aux initiateurs de ces mesures. Le moins d`intermédiaires possible et, surtout dans le cas, d`intermédiaires dotés de faibles moyens, de connaissances très limitées, de peu d`informations, de faible envergure, hautement impressionnables par des dirigeants même de faibles niveaux hiérarchiques, empressés à bénéficier des moindres avantages pécuniaires ou honorifiques, ressentant le besoin de plaire à tout prix, de piètres communicateurs, disposés à agir comme conseillers plutôt que comme exécutants et qui dans des situations difficiles se considéraient dépassés.
Au lieu de continuer à favoriser les intérêts du mentor, du dirigeant local ainsi qu`à faire confiance à ses habilités et à recourir à lui, ils profitaient des informations prévilégières et ils étaient avares de renseignements susceptibles d`éclairer leur mentor, leur dirigeant et d`influencer ses orientations. Jacques se retrouvait quelques fois dans des situations où il devait performer en l`absence ou disposant de faibles moyens alors il soulignait ses problèmes à des supérieurs ou à des alliés et il observait leurs réactions, attendait leurs suggestions et leur appui et souvent performait honorablement à partir de ses humbles moyens. Ces commettants avaient plutôt propension, tendance à concéder le champ de responsabilités aux parties adverses. A quelques occasions, même après que Jacques s`eut tiré d`affaires seul, il n`avait pas bénéficier de la reconnaissance pour ses actions en raison des concessions effectuées. S`il avait été plus audacieux ou même présomptueux, il aurait pu en profiter. Cependant, il en résultait qu`une certaine reconnaissance de ses habilités était établie.
En définitive, malgré leurs bonnes intentions et leur intégrité, ces alliés erraient fréquemment ayant à prendre des décisions dans de telles conditions qui correspondaient souvent à des demi-mesures. De plus, la participation de Jacques à des activités bénévoles était de nature à lui nuire dans ses activités politiques et professionnelles le rendant non disponible à des moments programmés à l`avance. En planifiant deux activités simultanément, Jacques devait en sacrifier une et/ou respecter ses engagements. Il attendit plusieurs années avant de revenir membre du parti ne pouvant accepter un tel accroc au processus démocratique, renérendum, ainsi que la tiède et lente démarche; multiples mini-référendums, vers l`indépendance du Québec tel que préconisé par le Chef de l`opposition. Malgré cette appréciation pas aussi positive qu`il l`aurait souhaité du contexte politique, il se devait de respecter les hommes politiques et ressentait une propension vers cette activité en principe déterminante pour le devenir du Québec.
S`il s`engageait dans cette voie, il lui faudrait, pensait-il, accepter au départ la possibilité qu`il pourrait ne pas vivre la réalisation de l`indépendance du Québec même s`il considérait cet objectif comme essentiel à la survie de la collectivité francophone québécoise. Autrement, une telle expérience aurait pu s`avérer aussi pénible que celles vécues antérieurement. Un vieil adage suggérait qu`il fallait d`abord apprendre à tomber avant de marcher!
Espérons que le referendum du Parti libéral du Québec ne reposera pas sur les cinq demandes refusées récemment par le Canada anglais, se disait-il. Il serait ironique et efficace pour le Canada anglais de procéder ainsi et catastrophique pour le Québec.
Beaucoup de militants indépendantistes et fortement souverainistes s`opposaient à la création et au maintien d`un parti indépendantiste. Ils craignaient une division des votes souverainistes et indépendantistes. Jacques avait déjà milité pour le Parti indépendantiste car il préférait appartenir à un plus petit véhicule politique, un bateau qui naviguait dans la bonne direction soit l`indépendance que sur un paquebot qui avait comme cap la souveraineté-association. Le dilemme avait été résolu à un moment donné, le Parti indépendantiste était disparu tout comme le RDI, le Ralliement démocratique pour l`indépendance qui s`était avéré une chambre de décompression, une salle d`attente, une réserve, et surtout un comité d`appui à M. Parizeau pour les souverainistes du Parti québécois. Le RDI servit à regrouper temporairement les souverainistes en attendant l`appel de l`élite. Après quoi, le Parti Québécois devint à nouveau le point de ralliement. Jacques se questionnait toujours quant au cap du paquebot péquiste n`étant pas au courant du plan détaillé de voyage, de la planification stratégique. Ces nombreuses années de suivi et d`implication politique lui avaient fait découvrir que la plus courte distance entre deux points était la ligne droite, l`indépendance, un message clair, permettant de progresser sérieusement et non en zigzags déroutants pour tout le monde et dupant à la fin même les militants initialement déterminés. L`état de ces démarches, entre autres, résumait quelques actions entreprises par des indépendantistes, des souverainistes en faveur de l`accession de l`indépendance plutôt que de favoriser, en particulier, l`accès au pouvoir. Jacques aurait aimé qu`il en fut autrement; une franche démarche l`aurait satisfait. Si le Parti québécois ne livrait pas la marchandise, un autre parti indépendantiste renaîtrait rapidement, divisant les votes, peut-être, tout en répondant aux aspirations profondes des militants, des bénévoles.
La récompense du militant, ce n`était pas seulement l`appui politique reçu en retour, c`était aussi l`avancement de la cause. Plusieurs militants admiraient M. Parizeau pour avoir affronter plusieurs ministres des finances canadiens et d`avoir tirer élégamment son épingle du jeu. Ils croyaient qu`il profitait d`informations sérieuses, qu`il maîtrisait ses dossiers et qu`il jouait souvent ses cartes à la dernière minute. De plus, ils respectaient ce politicien de part ses nombreuses années de service au poste de ministre des Finances, son aristocratique comportement, son attitude de fidèle soldat dans l`équipe de Monsieur Lévesque, et de conseiller de plusieurs ministères et gouvernements en sus de l`exercice des fonctions de professeur d`université. Lors d`un congrès national, il avait semblé appuyer les indépendantistes un moment pour ensuite reculer devant son mentor. Entre les militants et son chef, il avait choisi le confort ministériel comme plusieurs autres. D`autre part, plusieurs commentaires recueillis lui laissaient croire que les gens se sentaient plutôt loin de M. Parizeau, qu`ils s`identifiaient peu à lui. Pour sa part, Jacques était plus près des idées de M. Parizeau que de celles de beaucoup d`autres dirigeants péquistes et il appréciait énormément ses nombreuses qualités cependant il ne le connaissait pas personnellement ou si peu. M. Parizeau modifiait progressivement son apparence en acquiesçant probablement aux désirs de ses conseillers et de ses supporters dont l